New-York

Voici la liste des œuvres disponibles dans cette catégorie (cliquez pour voir) :

 1. Tissage en rouge, noir et bleu

 2. Rectangle morphophage ou Dragon-ville

 3. La Tisserande

 4. Gratte-ciel roulant des mécaniques

 5. Les Totemanhattaks

 6. Eclats de ville

7. Les verticales de l'âme (ou Hommage à Miyazaki)

8. Harlem

9. Coup de vent sur Central Park

10. Brooklyn Bridge

11. La cité dans le ciel

12. 13 petits carrés désarçonnés

   

Amorce 6 : Eclats de ville

acrylique et crépi sur toile de coton

80 x 80 cm, 2008

 

Recette à l'usage d'une ville fragmentée :

 

Saturer la toile de carrés, de matière, de couleur, sans laisser d'espace de répit

Chercher une issue, un moyen de respirer dans le fourmillement

Gratter la toile jusqu'au blanc originel, pour une refondation possible

Révéler la béance et la surmonter

Reconstruire patiemment carré par carré








 

Amorce 2 : Rectangle morphophage

Acrylique, crépi, égouttage sur toile de jute

90 x 70 cm, 2008

 

 

 

 

 Maçonnerie

J’emploie une pâte épaisse, du torchis, dans lequel j’imprime de profonds sillons à l’aide de truelles.

 

Palimpseste

Ce tableau évoque à la fois la carte des Etats-Unis et New York, il rappelle le tableau Baleine de Jonas ou Dragon-ville car New York est une ville boulimique, monstrueuse, grouillante, mythique qui crache du feu et qui flotte sur l’eau. La ville est mise à plat comme un tapis qui se déploie à partir d’une trame comme dans un palimpseste. La matière nouvelle laisse transparaître en filigrane les écritures premières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amorce 7 : Utopie, Autoportrait

acrylique, gaz, crépi, feutre, aérographe

sur toile de coton renforcée de toile de jute

70 x 90 cm, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

Gratter la matière, quand plusieurs couches de peinture se sont succédé sur la toile, c'est comme créer différentes histoires à des moments séparés, pour ensuite réserver dans l'épaisseur de la matière, des traces de ces passages. Une surface lisse, nette, plate, me tétanise. Il me faut des accidents, du relief, que mon support ait des défauts, comme la toile de jute pleine d'aspérités, de nœuds, d'irrégularités, afin de faire apparaître des fragments de sens auxquels je vais tenter de donner vie. Plusieurs tableaux se superposent tout au long du travail, et ce qui reste à la fin, c'est la fragile cohésion de ces instants incrustés dans la toile qui crée l'histoire même du tableau.

 

Je suis à l'affût de petites séquences intactes que ma brosse démoniaque n'aura pu réduire à néant! Comme si mon travail était de détruire pour que la toile se construise. Comme si le tableau ne pouvait se faire pour de bon ou pour de vrai qu'en dépit de moi. Car alors ce qui surgit sur la toile devient indestructible, comme miraculeux. C'est cette vaillance du tableau qui me pousse à peindre.

 

Chaque grain de mémoire est un îlot d'absolu. Un pan de mémoire intempestif, qui a échappé au vide, à l'absence, à la peur, au mépris, à la haine. Un pan de mémoire qui vibre de toute cette douleur traversée, et de son éveil à la grâce.